Pourquoi je n’arrive pas à avoir des “en cours” ? ✏️
(…et pourquoi ce n’est absolument pas un défaut)
Tu veux savoir un truc drôle (ou agaçant, selon les jours) ?
Dans ma vie de coloriste, j’ai un superpouvoir très particulier : je suis incapable d’avoir plusieurs coloriages en cours. Impossible. Nada. Dès que je commence une illustration, mon cerveau active un mode étrange : “Tu ne touches à rien d’autre tant que ce n’est pas fini.”
Et attention, ce n’est pas une question de motivation ou de discipline.
C’est presque… viscéral.
🎨 Le coloriage, pour moi, c’est une histoire d’engagement
Quand je pose la première couleur sur une page, c’est comme si je signais un pacte avec elle.
Je m’y attache. Je m’y plonge. Je veux la voir naître jusqu’au bout.
Impossible de la laisser en plan pour aller papillonner ailleurs.
La dernière fois, une colocopine m’a demandé une vidéo test Prismacolor vs crayons Action.
Je me suis dit : “Ok, je fais juste un essai sur une nouvelle illustration, rien de sérieux.”
Tu parles.
Le simple fait d’avoir posé trois pigments a déclenché le fameux mode “Tu dois finir maintenant.”
Résultat :
➡️ j’ai terminé le coloriage que j’avais déjà en cours
➡️ puis j’ai enchaîné directement sur celui du test
➡️ alors que ce n’était absolument pas prévu
Mon cerveau : 1
Mon planning : 0
🎨 Petite anecdote (totalement vraie… dans mon cœur)
L’autre jour, j’ai voulu être raisonnable.
Je me suis dit : “Allez, aujourd’hui, tu fais juste un petit test de couleurs, rien de plus.”
Je prends un crayon, je fais un minuscule dégradé dans un coin de page, vraiment trois millimètres de rien du tout.
Et là…
Je te jure que j’ai entendu l’illustration me chuchoter :
“Maintenant que tu m’as touchée… tu me finis.”
J’ai essayé de résister.
J’ai même posé le crayon, genre “non mais oh, c’est moi qui décide ici”.
Mais l’illustration me regardait avec son petit air de diva vexée, comme si je l’avais réveillée de sa sieste pour rien.
Résultat :
Je me suis retrouvée, deux heures plus tard, à faire des ombres, des reflets, des détails que personne ne verra jamais…
Alors que mon plan initial, c’était littéralement : “juste un test des nouveaux crayons de chez action, promis.”
À ce stade, je crois que mes coloriages ont plus d’autorité que moi.
Je suis leur humaine de compagnie, pas l’inverse.
🌙 Une autre anecdote, mais toujours un peu folle
Il y a quelques semaines, j’ai vécu un moment digne d’un roman fantastique.
Je feuilletais tranquillement un de mes livres de coloriage, juste pour le plaisir des yeux, sans aucune intention de commencer quoi que ce soit.
Tu sais, ce moment où tu te dis :
“Je regarde juste… je ne touche à rien.”
Et là, une illustration, une jolie petite illustration ,toute douce m’a littéralement sauté dessus.
Pas physiquement (heureusement), mais tu vois le genre :
elle m’a happée du regard, comme si elle me murmurait :
“Toi. Moi. Maintenant.”
Je lui ai répondu mentalement :
“Non mais attends, j’ai déjà un colo en cours, sois raisonnable.”
Mais elle insistait.
Une vraie sirène du coloriage.
Je me suis retrouvée, sans comprendre comment, avec un crayon dans la main.
Tu sais ce moment où ton corps agit avant ton cerveau ?
J’ai posé une seule couleur.
Une seule.
Et là, j’ai senti un truc presque mystique :
comme si l’illustration avait poussé un petit soupir satisfait, du genre
“Voilà… maintenant tu ne peux plus m’abandonner.”
J’ai levé les yeux au ciel.
J’ai dit tout haut :
“Bon… d’accord. Mais c’est la dernière fois que je me fais avoir.”
Spoiler :
Ce n’était pas la première fois.
Et je suis presque sûre que mes illustrations se passent le mot entre elles.
🎨 Le Paradoxe de la Page Blanche (ou presque)
Mais alors… pourquoi mes illustrations dessinées, elles, peuvent rester en plan sans que ça me travaille ?
Ah, ça… c’est le mystère délicieux.
Quand je dessine, mon cerveau est un feu d’artifice. J’ai mille idées à la seconde. Je peux avoir dix croquis ouverts, trois personnages en pause, deux décors qui attendent leur tour… Et ça ne me dérange absolument pas.
Pourquoi ?
Parce que dessiner, c’est ouvrir des portes. C’est le champ des possibles, l’adrénaline de l’ébauche, la liberté pure.
Mais colorier ? Colorier, c’est en franchir une.
C’est le moment où l’on choisit, où l’on fige, où l’on donne vie pour de bon. Le dessin, c'est l'exploration ; le coloriage, c'est l’engagement.
Et moi, dès que je m’engage… je ne lâche plus rien. Je vais jusqu’au bout.
🧠 Le décryptage : Pourquoi mon cerveau fonctionne-t-il comme ça ?
Si tu te reconnais dans cette impossibilité de passer à autre chose, rassure-toi : ce n’est pas un bug de ton système d’exploitation créatif. C’est même tout le contraire. Voici pourquoi :
1. Colorier, c’est entrer dans une histoire
Quand je commence une page, je ne fais pas que « poser des couleurs ». J’entre dans une ambiance, une émotion, une bulle. Mon cerveau refuse de zapper : on ne ferme pas un livre au milieu d’un chapitre passionnant pour en ouvrir un autre, n'est-ce pas ?
2. Un véritable pacte émotionnel
Je m’attache à la page. Je veux la voir naître, évoluer, respirer. La laisser en plan, ce serait comme abandonner une conversation en plein milieu. C’est cet attachement qui transforme un simple coloriage en une œuvre qui me ressemble.
3. La quête de l’harmonie visuelle
Une palette, une lumière, une énergie particulière… Quand je tiens le bon fil conducteur, je veux tirer dessus jusqu’au bout. Mon sens de l’esthétique a besoin de voir cette cohérence s'accomplir totalement avant de passer à une vibration différente.
5. L’immersion plutôt que la dispersion
Certaines personnes sont des « papillons » : elles butinent d'une page à l'autre. Moi, je suis une plongeuse. Je ne papillonne pas, je m'immerge. Et dans un monde où tout va trop vite, cette capacité à rester focalisée sur une seule chose est une véritable force.
Mon petit conseil de complice : Ne vois plus jamais ton incapacité à avoir des "en cours" comme une rigidité. C’est la preuve que tu vis ta passion à 100 %. Tu n'es pas multitâche, tu es entière. Et c'est ça qui rend tes colos si vibrants ! 🎨✨
🌟 Et si ce n’était pas un problème, mais une force ?
On vit dans un monde qui glorifie le multitâche. Il faudrait être rapide, savoir se disperser, jongler avec dix projets à la fois pour se sentir productif.
Mais toi et moi, on sait que le coloriage, c’est exactement le contraire. C’est une résistance douce à l'agitation ambiante.
Le coloriage, pour nous, c’est :
- ✨ Une présence absolue (ici et maintenant).
- ✨ Une concentration profonde qui vide la tête.
- ✨ Un moment suspendu, loin du chronomètre.
- ✨ Un tête-à-tête avec une page qui nous a choisis autant qu’on l’a choisie.
Assumer sa singularité
Alors oui, je n’ai pas de pile de "coloriages en cours". Oui, je termine méticuleusement tout ce que je commence. Oui, je suis incapable de laisser une page à moitié colorée, comme si je l’abandonnais au bord du chemin.
Mais tu sais quoi ? C’est ma façon d’aimer le coloriage. C’est une pratique qui me ressemble : entière, immersive et fidèle.
💬 Et toi, de quel clan fais-tu partie ?
C'est le moment de vérité ! On dit souvent que le monde des coloristes se divise en deux catégories :
- Le clan "Fidélité Absolue" : Une seule illustration à la fois, jusqu’à ce que la mine de crayon rende l’âme.
- Le clan "Papillonnage Joyeux" : Quinze projets commencés qui s'attendent les uns les autres dans une joyeuse pagaille.
Dis-moi tout en commentaire ! Est-ce que tu te sens coupable quand tu ne finis pas, ou est-ce que tu assumes ton besoin de changer d'air ? J'ai hâte de vous lire ! 👇🎨
Commentaires ()